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Avez-vous un déficit d'attention? Impacts et solutions Par Sylvie Martin, psy

#déficitattention



Avez-vous un déficit d'attention?

Impacts et solutions

Par Sylvie Martin, psychologue, Laval, Québec, Canada (www.equilibrevie.com)

*Prenez note que cet article ne peut pas remplacer une consultation médicale ou une évaluation réalisée par un psychologue, membre en règle de l’Ordre des Psychologues du Québec (Trouver un psychologue)


Qu’est-ce que le TDA-H ?

· Disons d’emblée qu’il existe au-delà de 379,000 références sur le moteur de recherche Google sur le sujet du Tda-h adulte. Le but de cet article consiste à fournir les grandes lignes de la problématique et à vous transmettre des informations pertinentes.

· Pour ceux et celles qui préfèrent écouter plutôt que lire sur le sujet, je vous suggère un excellent reportage diffusé le 16 novembre 2014, à l’émission Découverte ( TDA-H adulte, émission Radio-Canada 2014).



· Le déficit d’attention est un trouble neuro développemental affectant les fonctions exécutives, l’inhibition des pulsions et l’activité motrice.

· Les fonctions ou habiletés exécutives permettent à l’individu de s’investir dans une activité intentionnelle. Elles aident à résoudre des problèmes et faire face à des situations nouvelles ou complexes.

· On peut dégager deux profils de déficit d’attention en lien avec le fonctionnement du cerveau soit avec une lenteur d’exécution pour traiter les informations ou un cerveau hyperactif.


Sous-types de déficit d’attention et symptômes

Inattention, impulsivité, hyperactivité

Symptômes d’inattention :

a) Omet de porter attention à des détails ou fait des erreurs d’inattention

b) Difficulté à soutenir son attention lors de tâches ou activités

c) Ne semble pas écouter lorsqu’on s’adresse à lui, distrait

d) Difficulté à se conformer aux consignes et ne parvient pas facilement à terminer ses travaux, tâches professionnelles (commence et perd rapidement le focus, s’éparpille)

e) Difficulté à s’organiser (gestion du temps compliquée, difficulté à respecter les échéanciers)

f) Évite ou repousse les tâches qui demandent un effort mental soutenu (surtout ce qui ne l’intéresse peu ou pas)

g) Perd des objets nécessaires à son travail ou activités

h) Facilement distrait par des stimuli externes et par toutes les idées qui circulent dans sa tête

i) Fait des oublis fréquents dans la vie quotidienne (ex : retourner un appel, un achat… un rdv)

Symptômes d’hyperactivité-impulsivité

a) Remue souvent les mains ou les pieds, bouge sur son siège

b) Se lève souvent quand il devrait être assis

c) Court dans des situations où cela est inappropriée

d) Souvent incapable de faire une activité qui demande de rester tranquille

e) Grand besoin d’être en action, comme poussé par un moteur

f) Parle souvent de façon excessive (verbo moteur)

g) Laisse souvent échapper la réponse avant la fin de la question

h) A souvent de la difficulté à attendre son tour (en ligne d’attente..)

i) Peut interrompre les autres, s’imposer aux autres.

j) Tendance à prendre des décisions sans trop réfléchir aux conséquences (ex : acheter un chalet hors de prix, être infidèle…)


** Le DSM-5 * indique que pour diagnostiquer un déficit d’attention, la présence minimale de 5 symptômes et plus est requise chez toute personne de 17 ans et plus. Plusieurs symptômes étaient présents avant l’âge de 12 ans et il existe une gêne fonctionnelle ou un problème d’adaptation dans au moins 2 sphères de la vie adulte (ex : travail, relation interpersonnelle). Pour parler d’un déficit d’attention, les difficultés ne doivent pas être reliées à un traumatisme, à des difficultés sévères personnelles ou autre problème émotionnel.


*DSM-5 : est la cinquième édition du DSM ou Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux de l'Association Américaine de Psychiatrie.

De l’avis de Marie-Claude Guay, Ph.D et enseignante à l’UQAM, 80 % des jeunes ayant un TDA-H vont continuer d’avoir ce problème à l’âge adulte. Toutefois, l’American Psychiatric Association, 2013 (Auclair, V., Harvey, P., & Lepage, M. 2016) estime à 5% la prévalence internationale de ce trouble chez l’enfant et une persistance dans la vie adulte à 50% des cas.


En bas âge, on observe d’abord des comportements d’hyperactivité et/ou d’impulsivité qui tendent à s’estomper avec l’âge mais l’inattention serait présente peu importe l’âge (voir figure 1)



Hyperactivité, impulsivité

Impacts du déficit d’attention dans la vie adulte ?

Lorsque les fonctions exécutives sont atteintes, elles affectent les zones suivantes, tel qu’illustrées à la figure 2 (Kessler et al., 2010 tel que cité par Auclair,V. et al., 2016).



Équilibre de vie

Le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) affecte environ 2,5 % de la population adulte mondiale. Les symptômes des patients TDA entraînent souvent un dysfonctionnement au niveau affectif, social et professionnel.

Le diagnostic différentiel reste difficile en particulier avec les troubles de la personnalité, les troubles anxieux ou les troubles de l'humeur, d'autant plus que les troubles associés sont fréquents (Grosse et al., 2007). Puisque les manifestations du déficit d’attention peuvent s’apparenter à un trouble anxieux, la psychologue Marie-Claude Guay (2013), suggère de traiter le trouble anxieux pour écarter cette probabilité.




Les adultes avec déficit d’attention sont plus à risque de vivre des problèmes fonctionnels au niveau académique, émotionnel, social et occupationnel (Barkley, 2002 cité dans Auclair et al., 2016). On observe parmi ces adultes, un taux plus élevé de congédiement, un niveau plus élevé de comportements antisociaux, d’arrestations, plus de difficultés maritales et parentales (Kessler et al., 2006 cité dans Auclair et al., 2016).

Dans mon cabinet privé, à titre de psychologue, je constate que les adultes ayant un déficit d’attention, comptent parmi la catégorie la plus à risque de fréquent changement d’emploi, de procrastination, de manque de fiabilité, de relations amoureuses tumultueuses. Les personnes ayant peu d’impulsivité gèrent mieux leurs relations.


L’évaluation du déficit d’attention

Si vous désirez en apprendre davantage sur le déficit d’attention, visitez le site internet de CADDRA (http://www.caddra.ca/fr). Sur cette page du site internet, consultez en bas à droite la section « Formulaire » ensuite « adulte » et vous obtiendrez des versions en format PDF pour télécharger. Sur le site, il y a des formulaires d’auto-évaluation ainsi que des formulaires à compléter par des proches qui vous connaissent bien.


Si vous optez pour une évaluation avec une batterie de tests psychométriques, dans ce cas, je vous conseille de consulter le site de l’Ordre des psychologues du Québec (https://www.ordrepsy.qc.ca/accueil). À droite de l’écran, vous pourrez « Trouver de l’aide » en cliquant sur « Démarrer votre recherche ». À la question « Quel est le motif de la consultation ? » vous inscrivez: « Déficit d’attention »; « Pour qui est-ce? » : Adulte; « Où? » : indiquez votre région. Renseignez-vous auprès du psychologue ou du neuropsychologue sur les tests et la démarche proposés.

Sachez que pour obtenir une évaluation fiable, des conditions préalables sont requises. À titre d’exemple, si vous faites l’essai d’un nouveau médicament, il faut attendre un certain temps pour un effet stable. La consommation d’alcool et une évaluation neurologique ne font pas bon ménage!


Suggestions pour réduire les impacts du déficit d’attention

Disons d’emblée, que les individus avec déficit d’attention possèdent des qualités et non pas seulement des limitations. En effet, ils sont généralement pourvus de grande créativité, d’intuition, de curiosité. Les plus hyperactifs s’impliquent souvent dans les sports et sont excellents s’ils réussissent à bien s’orienter dans l’aire de jeu. Ils vont carburer et s’épanouir s’ils sont affairés à plusieurs projets. Ces gens aiment produire des résultats rapides et tendent à tourner les coins ronds et omettent certains détails. D’autres requièrent plus de temps pour exécuter une tâche car s’égarent dans leurs pensées. Pour conserver les atouts qu’ont les individus avec un déficit d’attention et limiter les impacts négatifs, il existe des pistes d’action.


Pilule pour traiter le déficit d'attention

Pendant longtemps, la population a cru que seule la psychopharmacologie pouvait aider les individus souffrant du déficit d’attention.

Hors, les recherches ont prouvé que la thérapie cognitive-comportementale (TCC) figure parmi les approches les plus prometteuses. Auclair et al. (2016) ont recensé 12 études contrôlées, entre 1946 et 2015, totalisant 575 participants. Ils ont comparé les groupes avec et sans traitement TCC. Les résultats illustrent une amélioration des symptômes de TDA/H, une réduction de l’anxiété et symptômes dépressifs.

La TCC traditionnelle est basée sur le modèle cognitif de la psychopathologie, selon lequel, les pensées et croyances dysfonctionnelles qu’entretiennent une personne jouent un rôle critique dans le développement et/ou le maintien des symptômes cliniques. Cette thérapie met l’emphase sur la modification des pensées problématiques afin de créer des changements dans les émotions et comportements leur étant associés (Auclair,V. et al., 2016)

Résolution de problèmes

Si avez un problème à résoudre dans votre vie, c’est qu’il y a un écart entre l’état actuel et l’état souhaité. En entreprise, les spécialistes en développement organisationnel contribuent à la résolution de problèmes. En thérapie, votre psychologue vous assiste afin de mieux définir ce qui vous perturbe dans votre vie actuelle et vous amène à identifier un ou des objectifs à poursuivre pour améliorer votre qualité de vie. Une fois votre objectif défini, vous pouvez commencer à agir et à mettre en mouvement vos forces, vos ressources pour y arriver.


Gestion d'objectifs

Au cours du processus vous menant vers l’atteinte de votre objectif, vous aurez à maintenir le cap en trouvant des stratégies pour rester concentré et motivé. Il vous faudra renoncer à tout ce qui pourrait être plus intéressant et trouver ainsi de bons arguments à cet effet. Si vous avez décidé d’apprendre une autre langue, c’est que vous croyez que cela vous apportera des avantages suffisamment intéressants pour y consacrer plusieurs heures et laisser de côté la télévision ou d’autres activités plus lucratives. Donc, vous renoncez à un plaisir immédiat pour récolter une fierté à long terme. Sans objectif (réaliste), vous faites du « sur place ». Si vous désirez vous débarrasser de la dépendance affective, dépendance à la nourriture, à l’alcool, aux drogues, vous aurez besoin de vous rappeler en quoi vos anciennes habitudes vous nuisaient. Écrire les motifs qui vous poussent à changer constitue un excellent début.


Gestion du temps

La plus grande difficulté des gens est celle de persévérer dans le changement sans voir ou ressentir rapidement d’effet positif. Les personnes avec un trouble d’attention, ont souvent besoin de gratification presqu’immédiate. Les agriculteurs savent bien qu’il faut de la patience, beaucoup d’effort pour semer et récolter.

Mais comment rester concentré ? Comme le dit si bien Annick Vincent (2010), dans son livre « Mon cerveau a encore besoin de lunettes : le TDAH chez l'adulte:…», le cerveau a besoin d’un agent de circulation pour mieux organiser le trafic des idées. Autrement, la personne ayant un déficit d’attention capte trop d’information au même moment ce qui l’empêche ainsi d’avoir le focus sur ce qui se passe dans le « ici et maintenant », à moins d’être emballée par le projet, l’idée. Souvent, ce n’est que tardivement que de jeunes adultes accèdent à des ateliers de méthodologie de travail pour apprendre à étudier, à prendre des notes et ainsi faciliter leurs apprentissages au Cégep. Sans structure, sans méthode de travail, c’est du temps mal investi.


Plus vous réfléchissez à votre objectif qui vous tient à cœur, plus votre tête se remplie d’idées créatives. Votre cerveau est en ébullition, mais vous détenez la clé pour ralentir le flux des pensées. Vous ramenez vos pensées uniquement vers votre objectif en cours et s’il y a des choses que vous craignez d’oublier, vous pouvez vous arrêter pour les noter et revenir à votre tâche.


Dans la gestion de votre temps, prévoyez au moins 20 % de temps pour les imprévus. Comme il existe des tâches plus exigeantes que d’autres, vous pouvez organiser votre temps en prévoyant des pauses (temps fixe) et bouger un peu pour vous aérer l’esprit et le corps. Il existe au moins une justice pour tous sur cette terre, nous disposons tous de 168 heures par semaine. Lorsque vous gérez votre temps, assurez-vous de prendre soin de vous, car autrement, la frustration risque de prendre une place importante en vous et finira par vous atteindre. Vous ne pouvez pas jouer à la perfection tous les rôles : super femme ou mari, super parent, super employé, super ami, super enfant. Vous débutez toujours par vos priorités et si vous dites OUI, ne le faites pas à votre détriment. Cela ne veut pas dire de ne plus penser aux autres et être uniquement centré sur vous. C’est la recherche d’un juste équilibre entre faire plaisir à d’autres, et se faire plaisir. Si vous êtes exténué et que vous auriez avantage à vous coucher tôt, il faudrait alors refuser des demandes qui ne sont pas urgentes de la part de vos proches. Plus vous agissez avec des habitudes respectueuses envers vous-mêmes, plus vous enseignez un bon modèle à suivre pour vos enfants. Si vous dites « oui » à presque tout pour vos enfants, ils éprouveront de grandes difficultés plus tard, quand quelqu’un leur dira « non ».


Pour d’autres conseils, voici une méthode amusante pour vous inspirer : la méthode « Bullet journal » (Bullet journal _en anglais)



Souriez, choisissez le bonheur

Jusqu’ici vous, je vous ai parlé de l’importance d’avoir un objectif qui vous tient à cœur, du contrôle du flux des pensées, de l’organisation de votre temps en alternant les tâches difficiles avec des tâches plus légères. Si vous maîtrisez ces aspects mais que vous laissez vos émotions vous submerger, vous risquez le découragement.

Si vous paniquez à l’idée de tout ce que vous avez à faire, vos émotions vont mener le bal et vous faire perdre le contrôle et votre temps. Si votre tête est remplie de doutes, de questions par rapport à votre employeur, à votre partenaire amoureux, etc. l’accès à vos ressources intellectuelles sont alors plus limitées. Pensez à une situation d’urgence, de peur. Si le feu survenait chez vous, seriez-vous disposé mentalement pour écrire un texte ? Surement pas ! Vos ressources seraient canalisées pour évacuer les lieux. Les émotions jouent un rôle capital dans votre équilibre en vous éclairant sur ce qui va bien ou moins bien dans votre vie. Accordez-vous du temps pour un petit travail d’introspection et pour décider ce que vous désirez changer dans votre vie. Évidemment, les psychologues peuvent vous aider à mieux gérer vos émotions.



Sylvie Martin, psychologue Laval

Je suis psychologue mais je ne fais pas d’évaluation du déficit d’attention par contre, je fais du coaching, de la thérapie (TCC) pour mieux composer avec les embûches causées par le déficit d’attention.

Sylvie Martin, psychologue du travail, psychologue clinicienne et formatrice

www.equilibrevie.com

Téléphone : 450-689-8952

courriel : sylviemartinpsy@gmail.com

Pour toute personne désireuse de lire sur le déficit d’attention chez l’enfant, l’adolescent, j’ai réalisé une présentation « Power point » à partir d’un document du Gouvernement du Québec. Vous pourrez vérifier vos connaissances car j’y présente des mythes sur le déficit d’attention. Par exemple, croyez-vous que la médication pour traiter le déficit d’attention augmente la consommation probable de drogue ? Vrai ou faux ? Pensez-vous que l’enfant avec un déficit d’attention est paresseux et manque de motivation ? Est-ce qu’un TDA-H est toujours accompagné d’un retard au niveau des apprentissages ? Pour découvrir les réponses et obtenir la présentation, vous n’avez qu’à me transmettre votre nom ainsi que votre courriel à sylviemartinpsy@gmail.com. Indiquez dans votre courriel l'objet de votre demande.




Crédit photo; Bar et al. 2007-2009


RÉFÉRENCES

Auclair, V., Harvey, P., & Lepage, M. (2016). La thérapie cognitive-comportementale dans le traitement du TDAH chez l’adulte. Santé Mentale Au Québec, (1), URI: http://id.erudit.org/iderudit/1036976ar DOI: 10.7202/1036976ar


Baar, J.F., Camirand, J., Carrière, C. et al (2007-2009). Services régionaux de soutien et d’expertise en adaptation scolaire, Laval, Laurentides et Lanaudière. Comprendre les fonctions exécutives…Une avenue pour le transfert des apprentissages.


Guay, M-C., Ph.D. (2013, octobre). Mieux dépister et évaluer le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H) à l’âge adulte. Centre de formation MC-Guay, Montréal.


Grosse E, Da Fonseca D, Fakra E, Poinso F, Samuelian J. Formation continue: Trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité chez l'adulte. Annales Médico-Psychologiques [serial online]. January 1, 2007;165:378-385. Available from: ScienceDirect, Ipswich, MA. Accessed September 28, 2016.


Université McGill (2002). Le cerveau à tous les niveaux. Contribution de l’hémisphère droit au langage. Récupéré le 28 septembre 2016 de http://lecerveau.mcgill.ca/


Vincent, A. (2010). Mon cerveau a encore besoin de lunettes : le TDAH chez l’adulte : guide pratique sympathique pour mieux vivre avec le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité. Québecor.