• Sylvie Martin, psy

Le cannabis et nos jeunes!

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Cannabis et le cerveau

Dr Guy Tremblay, chef du service de pédopsychiatire au Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) (tel que cité par Beaulieu, D. 2010, p.88), indique que l'effet du cannabis sur le cerveau est beaucoup plus puissant qu'autrefois. La marijuana provoque de plus en plus de "troubles bizarres". A l'urgence de l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal, le Dr Stéphane Proulx et ses confrères, remarquent chaque mois, plus d'une douzaine de nouvelles psychoses induites par le cannabis et autres drogues. Chez les adolescents anxieux, un joint de trop déclenche parfois un trouble panique risquant de perdurer jusqu'à 6 ou 12 mois. Ces jeunes expriment leur peur de devenir fous. L'abus de cannabis a conduit 128 Québécois sur un lit d'hôpital en 2002-2003, soit 4 fois plus qu'il y a 20 ans. La distinction entre drogue dure et drogue douce ne tient plus la route selon les médecins.


Pourquoi les jeunes consomment?

Les motifs sont multiples et non généralisables. Pour certains c'est une échappatoire à leur mal de vivre intérieur, à leur sentiment d'abandon, de rejet, à leur besoin de faire partie d'un groupe, d'être et de faire comme les autres, de geler une trop grande souffrance suite à une peine d'amour, de céder au plaisir immédiat pour avoir un "thrill", un "buzz" sans penser aux conséquences.


Pour l'adolescent, les conséquences de sa consommation de drogue ou d'alcool ne constitue rarement une préoccupation. Si ses premières expériences sont plaisantes avec la substance, il va vouloir recommencer. Plus il consomme, plus il encode dans son cerveau l'idée que c'est "cool" mais il fait l'autruche quant à l'argent nécessaire pour obtenir une plus grande quantité. Cet ado qui voulait expérimenter une grande liberté, envoyer promener les adultes autour de lui, se foutre de tout, le voilà pris dans un "engrenage", il a creusé sa propre prison: celle de l'esclavage de la dépendance au plaisir immédiat. Et malheureusement, se sortir seul de cet enfer est souvent miraculeux et quasi impossible. La personne dépendante de substance doit admettre qu'elle est menée sur le bout du nez par la consommation: toute sa vie est maintenant en fonction d'avoir cette substance. Souvent, le jeune n'arrive pas à garder ses emplois, car il veut se détendre ou faire la fête, et n'a plus les moyens de se payer sa drogue.


Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins, il pourrait même voler sa famille, tricher, manipuler, mendier, emprunter en promettant de remettre l'argent, mais il n'y arrive pas. Quand il est sobre, il se déteste et se fait la promesse d'arrêter sa consommation. Il réussit quelques jours et cela suffit pour qu'il se soit convaincu qu'il peut à nouveau consommer raisonnablement, et c'est repartit! Le pire mensonge qu'il fait, c'est à lui-même, il sait au fond de lui, que s'il touche un joint, l'obsession reviendra vite au galop, tout comme l'alcoolique qui prend sa 1er gorgée.


Comment s'en sortir?

L'adolescent ou l'adulte qui désire s'en sortir peut aller chercher de l'aide auprès des groupes anonymes : Narcotiques anonymes (http://www.naquebec.org/prof1309/index.php/fr).


Partager sa souffrance en toute honnêteté avec un professionnel de la santé, un membre empathique de sa famille, demander l'aide gratuite dans son CSSS.


Pour les parents et proches qui aimeraient savoir comment aider le consommateur, il existe aussi des groupes comme Nar-Anon (http://www.naquebec.org/nar-anon/etlafamille.htm).


Des études ont prouvé que plus nos aptitudes à s'exprimer sont développées, moins nous avons de chance de poser des comportements impulsifs et criminels (Moffitt, T.E 1993)


Références

Beaulieu, Danie, Ph.D. (2010). Ça roule, guide pratique pour que tout se déroule plus facilement à l'adolescence, Ed. Québécor


Moffitt, T.E., "The Neuropsychology of Conduct Disorder", Development Psychopathology, vol.5, 1993, p.135-151).